Il existe une forme de problème de trésorerie qui, à première vue, n’en a pas l’air. Le chiffre d’affaires est stable. Le carnet de commandes est bien rempli. La demande des clients ne fléchit pas. Et pourtant, l’entreprise dispose de moins de liquidités qu’il y a six mois, le réapprovisionnement des stocks est plus difficile que prévu, et le bilan financier mensuel se solde par un léger manque à gagner, sans qu’aucune baisse évidente de performance ne soit visible.
L’explication, pour un nombre croissant de petites et moyennes entreprises canadiennes en 2025 et 2026, ne réside pas dans les ventes. Elle réside dans les coûts. Plus précisément, c’est l’effet cumulé de la hausse des prix des fournisseurs — attribuable aux droits de douane, aux réalignements de la chaîne d’approvisionnement, aux fluctuations monétaires ou simplement aux décisions de majoration des fournisseurs en amont — sur le montant du fonds de roulement requis pour générer la même vente qu’il y a douze mois.
C’est l’un des impacts les plus sous-estimés des tarifs et de la hausse des coûts sur la trésorerie des PME canadiennes. Il ne s’agit pas seulement de l’érosion apparente de la marge brute que les comptables repèrent sur l’état des résultats, mais bien de la dimension du fonds de roulement : lorsque les coûts des intrants augmentent, une entreprise a besoin de plus de liquidités au départ pour produire la même unité de revenu. Et si ce besoin accru en trésorerie n’est pas comblé, l’entreprise ralentit, même si la demande reste intacte.
La réalité mathématique du fonds de roulement lorsque les coûts augmentent
La façon la plus claire de comprendre cette dynamique est d’analyser un modèle opérationnel simple.
Un commerce de détail canadien achète un produit à un coût rendu moyen de 45 $ l’unité et le revend à 90 $, générant ainsi une marge brute de 50 % et une contribution de 45 $ par unité. Pour maintenir un coussin de sécurité de deux semaines de stocks à un volume de ventes de 400 unités par semaine, l’entreprise détient environ 800 unités en tout temps — soit un investissement en stocks de 36 000 $.
Une hausse de prix du fournisseur de 18 % — entraînée par des droits de douane sur les marchandises importées, une baisse du dollar canadien ou une réévaluation directe du fabricant — fait passer le coût rendu à environ 53 $ l’unité.
- Si l’entreprise n’ajuste pas immédiatement ses prix de vente aux clients, la marge brute chute à 41 %.
- Mais avant même que cet impact sur la marge n’apparaisse à l’état des résultats, l’impact sur le fonds de roulement est déjà bien réel : ce même stock de sécurité de 800 unités nécessite désormais 42 400 $ au lieu de 36 000 $. C’est une augmentation de 6 400 $ en liquidités immobilisées simplement pour maintenir la même position opérationnelle.
Multipliez cet écart à l’échelle d’une entreprise qui gère plusieurs gammes de produits, conserve des stocks plus importants ou fait face à des cycles de réapprovisionnement plus longs : le besoin additionnel en fonds de roulement découlant d’une telle hausse de coûts peut facilement atteindre 30 000 $ à 80 000 $ en liquidités supplémentaires bloquées dans les opérations. De l’argent qui était auparavant disponible pour la paie, le marketing, le loyer ou les imprévus.
Il ne s’agit pas d’un investissement d’expansion, mais du capital supplémentaire requis pour maintenir le même niveau d’activité lorsque le coût de ce niveau d’activité a augmenté. C’est l’un des effets les plus directs de la hausse des coûts des fournisseurs sur les PME canadiennes, et c’est celui qui risque le plus de provoquer une crise de liquidité avant même que les états financiers ne confirment l’augmentation des coûts.
Financer la croissance c. financer la compression des marges : Une distinction essentielle
Cette distinction doit être établie clairement, car elle influence tant le type de financement approprié que le cadre d’évaluation permettant de déterminer si l’endettement est la bonne réponse.
| Objectif du financement | Nature du projet | Source de remboursement |
| Financer la croissance | Déploiement de capital pour soutenir un chiffre d’affaires en expansion (plus de stocks pour plus de clients, plus de personnel, locaux plus grands). | Revenus supplémentaires générés par l’investissement. |
| Financer la compression des marges | Maintien de la position opérationnelle actuelle face à une base de coûts en hausse sans augmentation des ventes. | Préservation de la capacité opérationnelle (éviter les ruptures de stock, préserver les contrats clients). |
Financer la pression sur les marges constitue une utilisation légitime du fonds de roulement, mais cela exige une évaluation lucide que les états financiers ne fournissent pas automatiquement.
La question clé est de savoir si la pression sur les marges est temporaire (une mesure tarifaire appelée à être révisée, une fluctuation monétaire cyclique, un différend temporaire avec un fournisseur) ou structurelle. Si la hausse des coûts est permanente et que l’entreprise ne peut ou ne veut pas ajuster ses prix de vente pour préserver ses marges, financer l’écart ne résout pas le problème : cela ne fait que retarder une remise en question inévitable du modèle d’affaires.
Que doivent faire les entreprises lorsque les prix des fournisseurs augmentent?
La réponse la plus efficace repose presque toujours sur le déploiement simultané de plusieurs leviers stratégiques :
- L’ajustement des prix de vente : C’est le levier le plus direct pour contrer la compression des marges, mais c’est aussi celui que les entreprises hésitent le plus à utiliser par crainte de perdre des clients. Pourtant, dans un contexte d’inflation généralisée des coûts, la clientèle comprend généralement mieux les ajustements de prix lorsqu’ils sont communiqués en toute transparence et appuyés par des faits. Une hausse de 18 % des coûts des fournisseurs ne nécessite pas forcément une hausse de 18 % des prix de vente, mais elle exige un calcul précis basé sur les marges minimales requises et la réalité du marché.
- La diversification des fournisseurs : Une réponse à moyen terme qui réduit la dépendance envers un fournisseur devenu trop coûteux. Pour les entreprises qui ont concentré leurs achats auprès d’un seul partenaire par habitude ou facilité, une hausse soudaine des prix est un rappel brutal du risque de concentration. Développer des sources d’approvisionnement alternatives offre un pouvoir de négociation accru et une meilleure résilience de la chaîne d’approvisionnement.
- L’ajustement de la gestion des stocks : Une entreprise qui conservait une réserve de stocks de quatre semaines peut constater qu’un roulement de deux semaines, combiné à des cycles d’achat plus fréquents, réduit les liquidités immobilisées. Cela exige une gestion plus serrée et une logistique fiable, mais permet de compenser en partie la hausse du coût unitaire.
- Le financement de fonds de roulement : C’est le levier le plus pertinent pour résoudre le défi immédiat de trésorerie — à condition qu’il soit utilisé conjointement avec les trois autres, et non en remplacement de ceux-ci.
Quand financer la hausse des coûts a-t-il du sens?
Recourir au financement d’entreprise pour gérer la pression sur les marges s’avère stratégiquement judicieux dans trois situations précises :
- La hausse des coûts est manifestement temporaire : Des tarifs douaniers sujets à révision, une baisse temporaire du taux de change ou une hausse d’intrants liée à une rareté passagère. Financer cette période de transition est rationnel si le chiffre d’affaires permet d’assumer les remboursements et si l’environnement de coûts doit se normaliser à court terme.
- L’entreprise est en processus de rehaussement de ses prix et a besoin d’un pont : Une entreprise qui a déjà annoncé une hausse de prix à ses clients — mais où cette hausse n’entrera en vigueur que dans 60 ou 90 jours en raison des termes des contrats — subit un écart temporaire de trésorerie. Financer ce pont est financièrement solide, car la source de remboursement est déjà confirmée par les nouveaux tarifs à venir.
- La hausse des coûts a créé une rupture de stock qui limite la capacité de vente : Une entreprise forcée de réduire ses stocks sous son seuil opérationnel minimal parce qu’elle n’a pas les moyens d’acheter au nouveau prix ne protège pas ses marges : elle crée un problème de revenus qui aggrave sa situation. Financer le réapprovisionnement permet de défendre le chiffre d’affaires existant.
Les solutions de Forward Funding adaptées à cette réalité :
- La Solution Forward : Offre jusqu’à 200 000 $ en fonds de roulement (ou jusqu’à 100 % du revenu mensuel) sans collateral, approuvés en 1 heure et financés en 3 heures. C’est l’outil idéal pour régler une facture fournisseur d’urgence ou combler l’écart de 60 jours avant l’entrée en vigueur de nouveaux prix de vente. Le rabais pour remboursement anticipé allant jusqu’à 30 % rend cette option particulièrement économique pour les ponts financiers de courte durée.
- La Solution à paiements fixes : Propose jusqu’à 800 000 $ avec des versements fixes quotidiens ou hebdomadaires pour les PME établies (3 ans+ d’existence, 500 000 $+ de chiffre d’affaires) confrontées à des hausses de coûts majeures et structurelles sur plusieurs gammes de produits.
- Le Financement complémentaire : Permet d’injecter jusqu’à 200 000 $ de capital supplémentaire sans restructurer les prêts existants, apportant une marge de manœuvre lorsqu’un événement externe vient perturber la trésorerie d’une entreprise déjà financée.
Quand le financement est-il la mauvaise réponse à la hausse des coûts?
Il est primordial d’être catégorique sur ce point : financer la hausse des coûts est une erreur lorsque la hausse est permanente et que l’entreprise n’a aucun plan pour rajuster ses prix ou restructurer ses marges.
Une entreprise qui emprunte pour éponger l’écart entre ses anciens et ses nouveaux coûts d’achat — tout en continuant de vendre au même prix — ne règle pas un problème de trésorerie. Elle paie pour retarder une hausse de prix nécessaire, en ajoutant des frais financiers qui viennent alourdir une marge déjà déficitaire.
Le test est simple : pouvez-vous préciser à quel moment la hausse des coûts va se résorber ou quand vos nouveaux prix de vente combleront l’écart? Si la réponse est « nous ne le savons pas encore », le financement ne fait que créer une obligation de remboursement sur un problème structurel non résolu.
Comparaison des alternatives
| Option | Avantages | Limites & Conséquences |
| Absorber la hausse dans la marge sans réagir | Évite de déplaire aux clients à court terme. | Érode les liquidités et la rentabilité. Fragilise l’entreprise à mesure que ses réserves de trésorerie s’épuisent. |
| Ajustement immédiat des prix aux clients | Rétablit directement la marge brute. | Risque de résistance des clients si la hausse n’est pas expliquée ou si la concurrence ne suit pas. |
| Négocier des délais de paiement prolongés (Net 60/90) | Alège le besoin immédiat en fonds de roulement. | Les fournisseurs soumis aux mêmes pressions acceptent rarement ces conditions. De plus, ces délais comportent des coûts cachés. |
| Financement du fonds de roulement (Forward Funding) | Maintient la capacité d’achat immédiate. Permet de ne pas interrompre les ventes. | Doit être associé à un plan clair d’ajustement des prix ou de réduction des coûts à terme. |
Quels documents justifient un financement pour pression sur les marges?
Un dossier solide de demande de financement repose sur quatre éléments concrets :
- Une analyse chiffrée de la hausse des coûts et de son impact sur le fonds de roulement (écart entre l’ancien et le nouveau coût de réapprovisionnement);
- Un échéancier d’ajustement des prix indiquant quand et de combien les prix aux clients augmenteront, avec une date cible de rétablissement de la marge;
- Un modèle de remboursement démontrant que le financement est soutenable sur le chiffre d’affaires actuel (testé face à une baisse potentielle de 15 % à 20 % des ventes);
- Un plan d’optimisation opérationnelle (diversification des fournisseurs ou gestion serrée des stocks) démontrant les ajustements en cours.
Le coût est déjà là. La question est de savoir comment le gérer.
Pour les entreprises canadiennes confrontées à la hausse des coûts d’approvisionnement, aux tarifs douaniers ou à l’inflation des intrants en 2025 et 2026, la question n’est pas de savoir si la hausse est réelle — elle l’est. La question est de savoir comment l’entreprise y répond en utilisant l’ensemble de ses leviers : révision des prix, diversification des achats, optimisation des stocks et, au besoin, financement du fonds de roulement pour faire la transition.
Les entreprises qui traversent ces périodes avec le plus de succès sont celles qui agissent sur tous les fronts à la fois. Elles utilisent le capital pour préserver leur capacité de vente pendant qu’elles adaptent leur modèle d’affaires à la nouvelle réalité du marché.
Pour évaluer vos options de financement face à la hausse des coûts, le Calculateur de financement de Forward Funding vous offre une première estimation rapide et réaliste. Votre demande en 30 secondes vous permettra d’échanger avec une équipe qui comprend les enjeux de fonds de roulement liés à la pression sur les marges. N’hésitez pas également à consulter nos avis Google pour découvrir comment d’autres PME canadiennes protègent leur croissance avec notre soutien.
Pour en savoir plus sur la gestion financière en période d’incertitude, consultez les articles de notre section Perspectives, notamment Les coûts cachés des conditions de paiement Net 60 et Net 90, Les erreurs de prévision de trésorerie qui mènent aux urgences financières, Le test de résistance du financement d’entreprise et Le risque de concentration des fournisseurs que la plupart des entreprises ignorent.
Foire aux questions rapide — Financer la hausse des coûts des fournisseurs au Canada
Une entreprise devrait-elle emprunter parce que les coûts de ses fournisseurs ont augmenté?
Lorsque la hausse des coûts crée un écart temporaire de fonds de roulement et que l’entreprise dispose d’un plan d’ajustement des prix ou de normalisation des coûts donnant au financement une date de fin précise, emprunter est financièrement rationnel.
Le financement peut-il aider une entreprise canadienne à faire face à la hausse des coûts d’importation?
Oui. Le financement de fonds de roulement permet de couvrir le coût accru du maintien des stocks essentiels pendant que les ajustements de prix ou de fournisseurs se mettent en place. La Solution Forward offre jusqu’à 200 000 $ sans collateral, avec un déboursement en aussi peu que 3 heures.
Est-il judicieux de financer des dépenses d’exploitation en hausse?
Lorsque les dépenses sont directement liées à la génération de revenus (inventaire, matières premières, intrants) et que le coût du financement est inférieur aux pertes causées par une rupture de stock, oui. S’il s’agit de frais fixes structurels sans lien direct avec les ventes, le financement ne fait que retarder la résolution du problème.
Que se passe-t-il si un fournisseur modifie soudainement ses conditions de paiement?
Passer de Net 30 à Net 60 ou Net 90 exige de financer les stocks sur une plus longue période avant d’encaisser les ventes. Cela équivaut à un besoin accru en fonds de roulement qui peut nécessiter une marge de transition.
Comment une entreprise peut-elle protéger sa trésorerie lorsque les coûts augmentent?
La meilleure combinaison consiste à réajuster ses prix de vente, à optimiser les niveaux de stocks, à développer des sources d’approvisionnement alternatives et, au besoin, à mettre en place un financement de fonds de roulement de courte durée pour combler l’écart.
Quel montant de financement une entreprise devrait-elle demander face à la hausse des coûts?
Le montant approprié correspond à l’écart réel de fonds de roulement généré par la hausse (la différence entre l’ancien et le nouveau coût de réapprovisionnement), augmenté d’un coussin opérationnel raisonnable. Il ne doit pas dépasser ce que le test de résistance permet de rembourser confortablement à 80 % du chiffre d’affaires actuel.
Forward Funding travaille-t-elle avec des entreprises touchées par les tarifs douaniers ou la hausse des coûts?
Oui. Forward Funding accompagne des PME canadiennes dans les secteurs du commerce de détail, de la distribution, de la restauration, de l’automobile et de la fabrication. L’évaluation de souscription repose sur la régularité du chiffre d’affaires et des flux de trésorerie plutôt que sur la cause du besoin de capital.


