L’incertitude économique a cette capacité de diviser les propriétaires d’entreprise en deux groupes.
- Le premier groupe se replie : il conserve ses liquidités et attend que la situation s’éclaircisse avant de poser le moindre geste financier.
- Le second groupe perçoit l’incertitude sous un autre angle : c’est précisément le moment où disposer de capital — qu’il soit déployé immédiatement ou non — procure un avantage concurrentiel décisif.
Les conseillers qui ont traversé plusieurs cycles économiques constatent toujours la même réalité : les PME qui ressortent plus fortes des périodes d’incertitude sont rarement celles qui ont attendu le plus longtemps avant d’agir. Ce sont celles qui se sont mises en position de pouvoir agir au moment opportun.
Cette distinction est plus importante qu’il n’y paraît, car l’incertitude ne modifie pas seulement les opérations quotidiennes des entreprises. Elle transforme le fonctionnement même du crédit, les critères d’approbation des prêts et les délais de traitement. Comprendre cette transition — plutôt que de présumer que le financement fonctionne de la même façon peu importe la conjoncture — constitue le véritable point de départ de toute réflexion stratégique sur le capital.
Est-ce le bon moment pour obtenir du financement d’entreprise?
Il n’y a pas de réponse universelle à cette question, et tout spécialiste prétendant le contraire simplifie à l’excès une décision complexe.
Ce que l’on peut affirmer avec certitude, c’est que baser ses décisions de financement uniquement sur les titres macroéconomiques s’avère rarement une stratégie payante. Une entreprise affichant des revenus stables et un cas d’usage clair pour son capital est généralement dans une position tout à fait favorable pour faire une demande de prêt, peu importe la conjoncture. Pourquoi? Parce que le critère de souscription le plus important — la performance réelle de l’entreprise — ne évolue pas au même rythme que l’économie globale.
En contrepartie, une entreprise sans projet précis ou qui subit déjà des tensions financières fait face à un calcul totalement différent : l’incertitude a tendance à amplifier les fragilités existantes plutôt qu’à les créer de toutes pièces.
Taux d’intérêt et tendances du crédit : Ce qui se passe réellement
Au Canada, les conditions de crédit s’ajustent en réponse aux politiques monétaires (notamment la décision récente de la Banque du Canada de maintenir son taux directeur à 2,25 %), mais l’effet n’est pas uniforme chez tous les types de prêteurs :
- Les banques traditionnelles ajustent leurs taux et leur tolérance au risque en fonction directe des directives de la banque centrale. Durant les périodes de resserrement ou de prudence accrue, les institutions bancaires deviennent plus conservatrices quant aux profils qu’elles approuvent — et pas seulement quant aux taux qu’elles exigent. Il s’agit d’un mécanisme structurel de gestion du risque à l’échelle de leur portefeuille global, et non d’un jugement sur la solvabilité d’une PME en particulier.
- Les prêteurs alternatifs, en revanche, évaluent les dossiers en fonction du chiffre d’affaires et des flux de trésorerie réels de l’entreprise plutôt que sur des modèles de risque macroéconomiques globaux. Leurs décisions d’approbation s’appuient sur la santé spécifique de l’entreprise en cause. Ainsi, une PME générant des liquidités constantes demeure une excellente candidate au financement, même pendant une période où les banques traditionnelles resserrent leurs octrois.
Il ne s’agit pas de prétendre que le prêt alternatif est immunisé contre les cycles économiques, mais bien de reconnaître une différence structurelle dans la façon dont le risque est évalué.
Les prêteurs resserreront-ils leurs critères d’approbation?
Souvent, oui, bien que de manière inégale. Les banques sont les plus susceptibles de resserrer leurs exigences lors des périodes de prudence économique, car la gestion des risques au niveau du portefeuille privilégie des critères plus stricts lorsque l’environnement devient moins prévisible.
C’est l’une des expériences les plus frustrantes pour un propriétaire d’entreprise : une PME qui aurait été approuvée sans difficulté l’année précédente se heurte soudainement à des exigences accrues, non pas parce que sa situation a changé, mais parce que la tolérance globale au risque de l’institution s’est détériorée.
C’est précisément pourquoi compter sur une seule relation bancaire traditionnelle comporte plus de risques en période d’incertitude qu’en période de stabilité. Une entreprise qui a établi une relation avec un bailleur de fonds dont la souscription repose sur la performance courante s’expose beaucoup moins à ce resserrement généralisé.
Bâtir sa résilience financière avant d’en avoir besoin
La résilience financière ne se construit pas pendant la crise, mais bien avant, grâce aux mêmes principes fondamentaux qui prévalent lors de toute décision de prêt :
- Des revenus constants et explicables;
- Des activités bancaires saines et transparentes;
- Une dette structurée et planifiée plutôt que contractée sous la pression.
Les PME qui ont fait ce travail de préparation sont tout simplement mieux positionnées lorsque la conjoncture évolue, peu importe la direction qu’elle prend. La marge d’erreur dans la présentation d’un dossier de financement se rétrécit considérablement lorsque le prêteur est déjà enclin à la prudence.
Préserver la liquidité pendant les périodes d’incertitude
Maintenir ses liquidités en période d’incertitude est essentiel, mais il faut être précis sur ce que cela signifie réellement. Cela ne veut pas forcément dire accumuler la plus grande réserve de trésorerie possible et geler toutes les décisions financières. Un solde bancaire élevé n’est pas automatiquement synonyme de santé financière, et le traiter comme tel peut amener une entreprise à immobiliser improductivement du capital pendant qu’une opportunité réelle — ou un risque concret — passe sans être adressée.
La vision la plus utile consiste à considérer la liquidité comme une capacité d’action (optionalité) : disposer de suffisamment de capital accessible — par des réserves, une solution de financement en place, ou les deux — pour ne pas être contraint de prendre des décisions réactives sous la pression.
Le capital comme avantage concurrentiel en période de ralentissement
L’une des vérités les plus contre-intuitives des périodes d’incertitude est qu’elles ont tendance à creuser l’écart entre les entreprises bien capitalisées et celles qui manquent de ressources — souvent plus encore qu’en période de stabilité.
Lorsque les conditions se resserrent, les concurrents privés d’accès au capital réduisent leurs stocks, leurs budgets marketing, leurs embauches ou leurs projets d’expansion (parfois par obligation, parfois par une prudence qui dépasse le risque réel). Une entreprise qui a préservé son accès au capital durant cette période n’est pas seulement protégée : elle est positionnée pour acquérir des parts de marché, négocier des baux commerciaux avantageux ou saisir des opportunités d’acquisition que ses concurrents ne peuvent plus financer.
L’emprunt stratégique en période d’incertitude n’est pas un signe de faiblesse. C’est souvent la preuve qu’une entreprise comprend la différence entre réagir à son environnement et s’y positionner.
La préparation importe plus que le choix du moment parfait (Timing)
Les entrepreneurs se demandent souvent s’ils devraient attendre que la situation s’améliore avant de demander du financement. Cette question présume un niveau de prévisibilité économique qui existe rarement. Personne ne peut prédire les virages macroéconomiques avec une précision absolue. Ce qui peut être contrôlé — et qui compte le plus —, c’est la préparation de l’entreprise à agir lorsqu’une opportunité ou un besoin survient réellement.
| Démarche | Pertinence du financement |
| Quand cette approche a du sens | Pour les PME aux revenus constants ayant un objectif stratégique : maintenir un niveau d’inventaire que les concurrents réduisent, profiter d’un marché locatif plus souple ou bâtir un coussin de sécurité avant qu’un resserrement des crédits ne les touche. |
| Quand cette approche n’a pas de sens | Pour les entreprises montrant déjà des signes de détérioration financière grave, où une dette supplémentaire aggraverait le problème au lieu de créer de la souplesse. Dans ce cas, la priorité est de corriger la structure opérationnelle. |
Accès au capital c. les trois alternatives par défaut
- Attendre que la situation se stabilise avant d’agir : Cela semble sécuritaire, mais cela présume que la stabilisation arrivera rapidement et que la position de l’entreprise ne se sera pas dégradée entre-temps. Les concurrents qui n’attendent pas profitent souvent de cette fenêtre.
- Compter uniquement sur ses réserves de trésorerie : Évite de nouvelles obligations, mais limite les actions de l’entreprise aux seules liquidités disponibles et épuise le coussin de sécurité qui protège contre les imprévus.
- Mettre un frein complet aux investissements de croissance : Préserve l’encaisse à court terme, mais peut coûter la position concurrentielle à long terme.
- Maintenir un accès proactif au capital : L’approche recommandée ici consiste à s’assurer que le financement est disponible à des conditions raisonnables avant d’en avoir un besoin urgent, préservant ainsi la capacité d’agir peu importe l’évolution du marché.
Ce que les faits démontrent
Les faits le confirment au fil des cycles économiques : les entreprises qui maintiennent des relations de financement solides et une liquidité adéquate durant les périodes d’incertitude s’adaptent beaucoup plus rapidement aux changements de marché que celles qui partent d’une position réactive.
De plus, les entreprises présentant des fondamentaux solides (revenus constants, tenue de compte rigoureuse, dettes organisées) continuent d’obtenir des conditions de financement très raisonnables, car ces critères sont précisément ceux sur lesquels reposent les évaluations de souscription basées sur la performance actuelle.
En résumé
L’incertitude économique modifie l’environnement du crédit bien plus qu’elle ne change la capacité fondamentale d’une entreprise à être financée. Les banques ont tendance à resserrer leurs critères de manière globale pour gérer le risque de leur portefeuille. Les entreprises qui ont bâti leur résilience financière à l’avance et maintenu leurs accès au capital ouverts sont systématiquement mieux positionnées — non seulement pour traverser la période d’incertitude, mais pour devancer leurs concurrents une fois la tempête passée.
Forward Funding évalue les demandes en fonction de la performance actuelle de l’entreprise plutôt que sur le sentiment macroéconomique. C’est pourquoi l’accès au capital via nos programmes demeure accessible aux PME qualifiées, peu importe la conjoncture globale.
Pour évaluer vos options de financement, vous pouvez consulter la page des solutions de Forward Funding, incluant la Solution Forward pour les besoins souples, la Solution à paiements fixes pour les PME établies et le Financement complémentaire pour ajouter du capital aux ententes actuelles.
Pour en savoir plus sur la gestion financière stratégique, découvrez les ressources de la section Perspectives, notamment Comment les PME canadiennes utilisent le capital pour se moderniser, Pourquoi l’argent en banque n’est pas toujours signe de santé financière et Pourquoi les entreprises en santé empruntent de façon stratégique.
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Foire aux questions rapide — Financement en période d’incertitude économique
Est-ce le bon moment pour obtenir du financement d’entreprise?
Cela dépend davantage de la situation individuelle de l’entreprise que des conditions économiques globales. Une PME aux revenus constants disposant d’un projet clair pour son capital est généralement dans une position idéale pour faire une demande, peu importe la conjoncture.
Les prêteurs resserreront-ils leurs approbations durant les périodes d’incertitude?
Souvent, mais de façon inégale. Les banques traditionnelles resserrent généralement leurs critères globaux. Les prêteurs alternatifs qui évaluent les dossiers en fonction du chiffre d’affaires réel de l’entreprise sont généralement moins influencés par ce type de resserrement généralisé.
Comment les entreprises devraient-elles se préparer à l’incertitude économique?
En bâtissant leur résilience financière à l’avance : revenus constants, gestion bancaire rigoureuse, dettes organisées et maintien de réserves ou d’un accès au capital garantissant une vraie capacité d’action.
Est-il risqué d’emprunter pendant une période économique incertaine?
Pas en soi. Emprunter pour combler une lacune de rentabilité structurelle est risqué. Emprunter pour préserver sa position concurrentielle ou saisir une opportunité réelle, avec une entreprise aux fondamentaux solides, est un scénario à faible risque.
Quelle est la différence entre des réserves de trésorerie et l’accès au capital?
Les réserves de trésorerie représentent l’argent déjà en banque. L’accès au capital est la capacité de mobiliser des fonds supplémentaires au besoin. Une véritable résilience financière combine généralement ces deux éléments.


